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Le temps, la vie, l'attente
lundi 05 mai 2014

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Descriptif

Conférence de Nicolas Grimaldi dans le cadre des Lundis de la philosophie.

"Nous ne nous tenons jamais au temps présent", observait Pascal. Condition de l'homme, résumait-il: "inconstance, ennui, inquiétude". Les analyses que je présente sont autant d'hypothèses pour rendre raison d'une expérience aussi paradoxale sans recourir aux pétitions de principe de la théologie augustinienne. A la différence de Malebranche ou de Pascal, il s'agit donc de comprendre ce qui fait de l'homme un être métaphysique sans supposer aucune métaphysique. C'est la vie que nous allons donc interroger pour tenter de comprendre comment elle a pu produire un être si dénaturé qu'il est hanté par le surnaturel. Rapportée au seul fait de l'imaginaire, cette toute simple question anthropologique se ramènerait à celle de comprendre comment il peut y avoir un être présent à l'absence et absent au présent.
Autrement dit: comment la nature peut-elle être immanente à la conscience, alors que la conscience s'éprouve toujours transcendante à la nature? Cette même question se redouble par le fait que le propre de la conscience est d'être toujours en même temps transcendante à elle-même. Il va de soi que nous avons été mis sur le chemin d'une élucidation par les définitions qu'Aristote avait déjà données de l'âme et de la nature. De même qu'en tout être vivant sa fin précède son commencement, avait-il en effet montré, de même la nature ne fait-elle jamais que s'acheminer vers elle-même. Or le propre de toute tendance n'est-il pas d'être originairement transcendante à elle-même? S'il est vrai que la sensation spécifie toute vie animale, c'est toutefois sa réflexivité qui caractérise la sensation. Sentir, c'est sentir qu'on sent. C'est avoir conscience de sentir. N'en devient-il pas du même coup vraisemblable de supposer que la vie se réfléchit en conscience? Si un tel théorème était accepté, on ne pourrait guère refuser le corollaire qui s'ensuit. Comme la vie se réfléchit en conscience, la tendance se réfléchit en attente. L'attente serait alors à la conscience ce que la tendance est à la vie: son principe. Tel est l'horizon théorique sur le fond duquel se développeront les analyses que j'aurai l'honneur de présenter sur les rapports de la vie, de la conscience et du temps.

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Auteur(s)
Nicolas Grimaldi

Philosophe

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Cursus :

Nicolas Grimaldi est né en 1933 à Paris. Agrégé de philosophie en 1958 il est professeur en khâgne et hypokhâgne à Paris, puis professeur de philosophie dans plusieurs universités (Brest, Poitiers, Bordeaux), avant d’accéder au titre de professeur émérite à la Sorbonne en 1983 (chaire d’histoire de la philosophie moderne puis celle de métaphysique). Directeur du Centre  d’Etudes Cartésiennes (1986-1988) de la Sorbonne, Nicolas Grimaldi est l’auteur d’une œuvre importante (plus d’une trentaine d’ouvrages). Depuis son premier livre publié en 1971 Le Désir et le Temps, Nicolas Grimaldi a consacré des essais à Socrate, Proust, Descartes, Van Gogh, et s'est intéressé à diverses notions philosophiques telles que la banalité, le temps, l’amour, l’inhumain, la jalousie ou encore la solitude. Installé depuis 1968 dans un ancien sémaphore près de Saint-Jean de Luz, Nicolas Grimaldi « lit, peint, écrit, scrutant l’éternelle insatisfaction des hommes, incapables de vivre dans le présent ».

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Dernière mise à jour : 11/09/2014