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Si Dieu n’existe pas, tout est-il permis ?
lundi 14 mars 2016

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Descriptif

Conférence donnée par Paul Clavier dans le cadre des Lundis de la philosophie.

L’histoire des civilisations semble apporter un démenti macabre à tout fondement divin de l’éthique : quand on a crû pouvoir fonder l’obligation morale sur Dieu, on s’est permis  les plus graves injures à la liberté, les plus grandes discriminations, les plus terribles oppressions : Divinité, que de crimes on commet en ton nom ! Pourtant, le mauvais usage qui est fait d’un principe ne suffit pas à le discréditer.
Je défendrai l’idée suivante : « Si Dieu n’existe pas, tout est permis» doit être discuté comme un bi-conditionnel (si et seulement si) à valeur causale et fondationnelle : “C’est parce que, et seulement parce que Dieu existe (ou si, et seulement si, il existait) que tout n’est pas (ou ne serait pas ) permis”. Ce qui bien entendu reste à prouver ! Il existe  une façon triviale de rendre vraie cette formule, c’est de définir Dieu comme “celui dont l’existence, et seulement elle, fait qu’il y a des obigations morales”.
Mais c'est là que les problèmes commencent : chercher à fonder ou à "sourcer" l’obligation morale, c’est semble-t-il aller à l’encontre de l’émancipation morale de l’humanité. C’est revenir à une morale de l’hétéronomie, qui sous-entend que seul Dieu est garant de l’existence d’obligations morales. Ce qui semble impliquer un arbitraire divin en la matière. J’essaierai de montrer que l’identification de Dieu et du Bien coupe court à cette objection.
Mais comment passe-t-on de “Dieu (=le Bien)  existe” à “Tout n’est pas permis” ? La notion de création joue ici le rôle de médiation : si nous devons l’existence à un créateur, et si l’existence est un bienfait, cette dette d’existence génère une obligation. L’autorité morale de Dieu aurait partie liée avec la relation créatrice.
Je défendrai donc l’idée que l’hypothèse d’un Dieu créateur est bien plus en mesure de justifier un “Tu dois” universel et objectif,  que l’hypothèse d’un naturalisme athée, ou celle d’une autonomie de la morale, dans laquelle l’obligation est un fait pur et simple.

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Auteur(s)
Paul Clavier
Ecole normale supérieure
Maître de conférences

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Cursus :

Paul Clavier est normalien, agrégé et docteur en philosophie. Il enseigne l’histoire de la métaphysique et la philosophie de la religion  au département de philosophie à l’École normale supérieure.

Il développe une philosophie analytique de la religion à la française. S’efforçant de discuter les conditions de vérité des énoncés portant sur Dieu, la Toute Puissance, le Mal, la Création et l’'obligation morale.

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Dernière mise à jour : 16/06/2016