« Semantic Data for Humanities and Social Sciences (SDHSS) : une méthode et un écosystème d'ontologies en SHS »
Conférence donnée dans le cadre de l'atelier Digit_Hum du 3 octobre 2024. Si les modèles de langage (LLM) suscitent actuellement un engouement, notamment de la part du public, du point de vue de la recherche en SHS il ne faut pas oublier l'importance des graphes de connaissances et des données ouvertes liées (LOD) qui révolutionnent la manière dont l'information peut être partagée et réutilisée à grande échelle, en application des principes FAIR. En mars 2023, le Knowledge Graph de Google aurait atteint « 800 milliards de faits sur 8 milliards d'entités » (Wikipedia, 30/03/2023). Mais quelles sont les conditions pour que les chercheur·e·s en SHS puissent partager les informations produites quotidiennement, en utilisant les mêmes technologies sémantiques, et relier leurs données aux métadonnées des bibliothèques, des archives et des musées, afin de créer un graphe géant d'informations ? Peut-on développer des ontologies partagées, c'est-à-dire des modèles abstraits du monde permettant l’interopérabilité et la réutilisation des données ? La diversité des recherches n’est-elle pas un obstacle insurmontable à ce projet ?
Cette intervention présente la méthodologie adoptée dans le projet Semantic Data for Humanities and Social Sciences (SDHSS) afin d’étendre et d’intégrer le CIDOC CRM en créant un écosystème d'ontologies transdisciplinaire, ouvert et affinable, permettant de documenter sans ambiguïté la signification des informations partagées et de faciliter leur réutilisation pour de nouvelles recherches. Sont également proposés quelques principes permettant de modéliser les différents aspects de la vie sociale, objet d’étude commun en SHS, et de montrer comment, à partir de cette analyse, il est possible d’intégrer les données issues de différents projets dans une même conceptualisation partagée, à l’exemple de la plateforme multi-projet Geovistory.
Voir aussi
|
Cursus :
Spécialiste d’histoire de l’inquisition romaine et d’histoire des sciences à l’époque moderne (doctorat 1995, habilitation 1999, Université de Fribourg), Francesco Beretta est chargé de recherche au CNRS depuis 2005. Il a enseigné dans différentes Universités en Suisse et en France (Fribourg, Lausanne, EPHE, EHESS, Lyon 3).
Depuis quinze ans il s’engage dans le développement de méthodologies numériques pour les sciences historiques. Il a été en 2008 parmi les initiateurs de l’Axe de Recherche en Histoire Numérique (ARHN) du Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes (LARHRA UMR 5190 CNRS – Universités de Lyon et Grenoble), dont il a été reponsable de 2009 à 2020, ainsi que du projet symogih.org.
Il est le concepteur de la plateforme de gestion d’ontologies ontome.net et membre fondateur du collectif dataforhistory.org qui vise la promotion de méthodologies sémantiques dans la recherche. Spécialiste en systèmes d’information pour la recherche, il a co-fondé l’entreprise KleioLab (Bâle) dans le cadre d’un contrat de transfert de savoir-faire du CNRS, dont le produit principal, geovistory.org, réalisé en collaboration avec le laboratoire LARHRA, met à disposition des chercheurs en histoire un environnement virtuel de recherche adapté à leurs besoins. Grâce à la publication des données sur le web sémantique, la plateforme geovistory.org contribue à réaliser les principes FAIR.
Dernière mise à jour : 21/05/2026