L'affaire des comptes bancaires palestiniens gelés de 1948
Conférence de Sreemati Mitter, historienne à la Fondation Jean-Jacques Laffont de la Toulouse School of Economics et spécialiste de l'histoire économique, financière et sociale de la Palestine aux XIXème et XXème siècle.
Les études sur la transition violente de 1948 de la Palestine mandataire à Israël ont eu tendance à se concentrer sur les personnes et les terres. On a moins parlé du gel, puis de l'expropriation par les autorités israéliennes en 1948, peu après la création de l'État d'Israël, des avoirs financiers appartenant à des titulaires de comptes privés palestiniens. En s'appuyant sur les témoignages de Palestiniens ordinaires, la chercheuse explore la manière dont les avoirs financiers privés (comptes bancaires, obligations, chèques, pensions, assurances-vie et coffres-forts) ont été confisqués par le nouvel État d'Israël. Elle souligne la légalisation et la bureaucratisation qui ont permis cette confiscation et met en lumière le rôle de deux banques internationales comme agents de confiscation. Elle estime les montants et les types d'actifs concernés. Enfin, et surtout, elle relate comment les Palestiniens se sont battus pour récupérer leurs biens financiers du mieux qu'ils ont pu, en recourant à la loi comme arme. Enfin, la chercheuse souligne comment l’absence de souveraineté affecte la vie économique des gens ordinaires et les prive non seulement de leurs avoirs financiers, mais aussi des moyens mêmes de construire leur présent et leur avenir.
Les recherches de Screemati Mitter ont été publiées dans l'International Journal of Middle East Studies et le Journal of Palestine Studies. Elle travaille actuellement au manuscrit de son livre, Frozen: A Financial History of the Palestinian Nakba.
À propos du Séminaire Penser avec la Palestine
Ce séminaire transdisciplinaire est soutenu par sept départements de l’ENS (les départements de Géographie, d’Histoire, de Philosophie, de sciences sociales, CERES, ECLA et d’Études cognitives) et ses séances reflètent la diversité des disciplines qui y sont enseignées. Il doit permettre de comprendre, cycle après cycle, la vie des Palestiniens et des Palestiniennes, en Palestine et en exil, dans le contexte politique passé et actuel. Par ailleurs, comme membres d’une communauté universitaire, il nous semble essentiel d’appréhender les réalités de l’enseignement supérieur en Palestine, de la vie des étudiants et étudiantes et des conditions d’exercice des enseignants-chercheurs.
Illustration : Rehaf Al Batniji, Gaza Fisherman, 2017 (don de la photographe)
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Cursus :
Sreemati Mitter est chercheuse à la Fondation Jean-Jacques Laffont de la Toulouse School of Economics. Elle est historienne, spécialiste de l'histoire économique, financière et sociale de la Palestine aux XIXème et XXème siècles.
Ses recherches ont été publiées dans l'International Journal of Middle East Studies et le Journal of Palestine Studies, et elle travaille actuellement au manuscrit de son livre, Frozen: A Financial History of the Palestinian Nakba. Elle a obtenu son doctorat en histoire à l'Université Harvard. Elle a vécu en Palestine occupée pendant des années, où elle a travaillé pour le compte du Palestine Investment Fund.
Dernière mise à jour : 09/03/2026