Le défi du traumatisme, c'est la possibilité pour le sujet d'en sortir. Trouver une voie pour se reconstruire, pour s’inventer, au-delà de la déchirure produite dans le cours d’une existence. La naissance de la psychanalyse s'était précisément opérée à partir d'une réflexion sur les relations complexes entre l'évènement traumatique et la souffrance psychique. Et, en cela, le défi du traumatisme, c’est aussi le défi de sortir d’une vision linéaire de la causalité : ne pas faire de l’évènement un destin qui nous condamnerait inéluctablement.
Dès lors, la problématique du traumatisme, qui est à la fois sociale et clinique, ne peut être dissociée d'une réflexion sur le vivant qui, comme l'avait noté Claude Bernard, oscille entre ces deux pôles extrêmes que sont la limite constituée par la mort d'une part, et ses ses capacités de création d'autre part. La philosophie de la vie se trouve dès lors d'emblée convoquée, et Bergson, tout autant que Canguilhem, ont mis l'accent sur la réponse toujours imprévisible du vivant, et ce jusque dans la confrontation aux épreuves les plus extrêmes. Ce colloque vise ainsi, dans une perspective interdisciplinaire, à croiser le regard de chercheurs issus de champs aussi variés que la biologie, les neurosciences, la psychanalyse et la philosophie, sur le traumatisme et ses défis.
Retrouvez dans ce dossier tous les exposés du colloque interdisciplinaire « Au-delà des traumatismes : le défi de l'avenir » à l'ENS qui a proposé une perspective interdisciplinaire, en croisant le regard de chercheurs issus de champs aussi variés que la biologie, les neurosciences, la psychanalyse et la philosophie, sur le traumatisme et ses défis.