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Une économie politique populaire pour une république démocratique et sociale au XVIIIe siècle
vendredi 25 novembre 2016

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Descriptif

Exposé de Florence Gauthier lors de l'inauguration du Centre européen d’études républicaines (CÈDRE).


Ce concept d’économie politique populaire, formulé par Robespierre le 10 mai 1793, relie le social au politique afin de construire une république des droits naturels humains, fondée sur le principe de souveraineté populaire.


Rappelons ses trois éléments constitutifs : 

- L’expérience d’une économie politique despotique, expérimentée par les économistes physiocrates puis turgotins, suscita depuis les années 1760, en France, une profonde critique à la fois populaire et savante. Il s’agissait, à cette époque, de permettre aux investisseurs de s’emparer du commerce et de la production des denrées de première nécessité (subsistances et matières premières agricoles), au moyen de la spéculation à la hausse des prix et de la création du marché de gros. Cette politique, largement répandue de nos jours sous le nom d’arme alimentaire, provoqua au XVIIIe siècle des troubles de subsistances d’un type nouveau : les salaires étant fixes, la hausse des prix dépassait les revenus des salariés et provoquait des pics de mortalité... 

- Pour se protéger, le petit peuple exprima nettement son refus de mourir de faim devant des monceaux de subsistances sur les étals protégés par la loi martiale ! Il inventa, de 1789 à 1793, un contre-programme économique, dont Robespierre s’inspira, entre autres, pour élaborer cette économie politique populaire que la Convention montagnarde réalisa. A partir de juillet 1793, une vaste réforme agraire redistribua la terre à la paysannerie – formée à près de 70% de paysans pauvres - et s’accompagna de la politique dite du Maximum, dont l’objectif était de rééquilibrer prix, salaires et profits. 

- Cette république démocratique et sociale était fondée sur le principe de la souveraineté populaire, qui, à cette époque, fut institutionnalisée sur la base d’une démocratie communale bien réelle : sous la Convention montagnarde, l’application des lois, dont celles de la réforme agraire et du Maximum se faisait au niveau de la commune. 

Cette démocratie communale décentralisée exprimait, en effet, sa vitalité par l’institution de l’assemblée générale, qui rassemblait tous les habitants. Ajoutons que les électeurs avaient alors le pouvoir de contrôler leurs députés, ce qui entretenait entre eux des relations de confiance. C’est bien cette union entre le peuple et ses élus qui permet de comprendre comment la République montagnarde a pu mener de front, en particulier, une politique sociale audacieuse et gagner la guerre contre la coalition des têtes couronnées en moins d’une année ! 

Avec la République montagnarde apparaissait une politique socialiste, dans laquelle « les principaux droits de l’homme, celui de pourvoir à la conservation de son existence et la liberté » venaient limiter l’exercice du droit de propriété privée, afin d’assurer le droit à l’existence de chacun, but de la société. Ce socialisme, parce qu’il était véritablement démocratique, réussit à responsabiliser tout autant le peuple que ses gouvernants.

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Auteur(s)
Florence Gauthier
Université de Paris Diderot - Paris VII
Maître de conférences

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Cursus :

Florence Gauthier est maître de conférences à l'Université Paris Diderot - Paris VII. Elle est habilitée à diriger les recherches à l'UFR GHSS.

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Dernière mise à jour : 12/05/2017