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L’évaluation de ce qui est vrai, plausible ou incertain dépend-elle de la culture ?
lundi 07 décembre 2015

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Descriptif

Conférence donnée par Joëlle Proust dans le cadre des Lundis de la philosophie.

A l'heure où la diversité cognitive est devenue un objet de recherche incontournable, la diversité métacognitive est encore très peu étudiée. On entend par là les variations interculturelles dans le contrôle et l'évaluation de sa propre activité cognitive, qu'elle soit perceptive, mémorielle ou conceptuelle. Comme en témoigne la pluralité des modèles éducatifs, l'existence et la qualité des régulations métacognitives individuelles ont des conditions socioculturelles. On peut s'attendre à ce que l'aptitude à évaluer ses propres jugements soit fonction des buts épistémiques qui sont valorisés dans un groupedonné (par  exemple, ce qu'il vaut la peine d'apprendre), de l'entraînement à repérer et à réviser ses erreurs, et des représentations par les agents de leur compétence dans les divers domaines du savoir (illustrées par les stéréotypes de genre concernant l'aptitude aux mathématiques). Les données anthropologiques, quoique encore réduites, présentent effectivement ces trois types de variation. S'ensuit-il que la sensibilité au vrai, au plausible, à l'incertain, soit culturellement variable? Est-ce que la justification d'une affirmation ou ce qu'on entend par "connaissance" sont affaire de culture? En vue de tenter de répondre à ces questions, nous explorerons divers types de diversité métacognitive, et nous nous interrogerons sur la manière dont il convient de les analyser.

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Auteur(s)
Joëlle Proust
CNRS / ENS / Institut Jean Nicod
Philosophe / Directrice de recherche au CNRS

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Cursus :

Joëlle Proust a étudié la philosophie et la psychologie à l'Université de Provence. Agrégée de Philosophie, elle a été successivement professeur de lycée à Marseille et assistante de Psychologie à l'Université d'Alger avant d'entrer au CNRS. Ses premiers travaux portent sur la vérité logique. Son Questions de Forme lui vaut en 1987 la médaille de bronze du CNRS.  Elle rejoint le CREA en 1989 et depuis lors consacre l'essentiel de son activité à la philosophie de l'esprit.
Elle s'intéresse dès 1990 aux  perturbations de la conscience d'agir dans la schizophrénie et dans l'autisme, et à leur retentissement sur la conscience de soi. Elle co-dirige entre 1990 et 1997 trois projets scientifiques interdisciplinaires portant sur ces thèmes. Aujourd'hui chercheur à l'Institut Jean-Nicod, elle démarre en 2011, grâce à une bourse senior du European Research Council, une recherche sur la sensibilité aux normes épistémiques  (vérité, consensus, cohérence, intelligibilité, pertinence) chez l'enfant et l'adulte. Il s'agira particulièrement d'élucider l'influence de la culture sur l'existence et la résolution des conflits entre normes épistémiques.

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Annexes
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Dernière mise à jour : 20/07/2016